Le territoire comme ingrédient
Ce qui frappe dans cette renaissance, c’est la façon dont le terroir n’est pas seulement le décor, mais un ingrédient à part entière. Les distilleries du Sud du Languedoc puisent dans le maquis, les vergers, les vignes, les garrigues. Thym, fenouil, myrte, romarin, figue noire, cerise sauvage, marc de grenache ou de cinsault : la nature est généreuse, mais exigeante.
Distiller ici, c’est accepter la lenteur et la variation. Le climat change tout : la maturité des fruits, la concentration des huiles essentielles, la vitesse de chauffe. Beaucoup travaillent en bio, certains vont plus loin encore : cueillette sauvage raisonnée, permaculture, circuits très courts. Il n’est pas rare que le distillateur soit aussi cultivateur, cueilleur, vinificateur et parfois même éleveur de ses propres levures.