Distillerie Sud Languedoc

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De la vinasse à l'électricité

Distillerie d’Ornaisons - En collaboration avec l’ITE, la distillerie d’Ornaisons est en passe de développer un procédé de fabrication d’électricité, unique en France.

"Compte tenu des évolutions engendrées par la réforme de l’OCM vin, les distilleries vont devoir poursuivre et renforcer leurs activités de diversification pour garantir leur pérennité. Nous allons avoir un rôle majeur à jouer en matière de dépollution des sous-produits de la vigne tout en garantissant la meilleure valorisation possible pour nos adhérents", indique Axel Tapissier, le directeur de la distillerie d’Ornaisons.

C’est en ne perdant pas de vue cet objectif que la distillerie adhère en 2005 à l’Institut technique environnemental (ITE) de Narbonne. L’idée étant, pour le conseil d’administration et son directeur, de trouver de nouvelles pistes de diversification.

Après avoir développé la production d’huiles de pépins de raisins, la commercialisation d’alcool en bouteilles (eau de vie de raisin, brandy) et la fabrication de compost, c’est la voie de la méthanisation que la distillerie choisit aujourd’hui. Deux raisons principales à ce choix, l’une environnementale et l’autre financière.

En s’engageant dans cette démarche, la distillerie, soucieuse de préserver l’environnement, cherche à créer un cercle vertueux. "Il ne s’agit plus uniquement de dépolluer en traitant les effluents de la distillation mais aujourd’hui de fabriquer des bioénergies réutilisables", souligne le directeur. Une démarche qui s’inscrit dans les objectifs que s’est fixée l’Union Européenne : à l’horizon 2010, 12 % de la consommation totale d’énergie devrait être issue d’énergies renouvelables.

Et le directeur de poursuivre : "en transformant la vinasse*, jusque-là stockée et traitée dans un bassin d’évaporation, la méthanisation va nous permettre d’augmenter très significativement notre capacité de traitement, ce qui par conséquent peut drainer de nouveaux clients vers la distillerie."

Actuellement, la distillerie traite en moyenne annuellement 5 000 m3 d’effluents, provenant de sa production propre et de celle de structures extérieures, coopératives ou particulières. Ce sont ces prestations de services qu’elle souhaite ainsi développer. D’autre part, la distillerie compte sur la valorisation de l’électricité qui dans le cadre de la nouvelle législation fait l’objet d’un rachat obligatoire par EDF. La production d’électricité, c’est justement ce qui fait d’elle une entreprise pionnière…

Première application dès 2009

ImageAlors que la méthanisation n’a rien de révolutionnaire, la production d’électricité à partir de gaz méthane est une première. Pour aller au bout de ce projet, l’ITE, qui joue le rôle d’interface entre la recherche, en l’occurrence l’Inra de Narbonne, et la distillerie, a fait appel à la société toulousaine Aria Energie pour la partie ayant trait à la valorisation du biogaz en électricité.

Ce projet réside en effet en deux étapes. La première concerne la production de biogaz provenant de la méthanisation des effluents. Pour cela, un méthaniseur d’une capacité de 40 m3 devrait assurer une production de 100 m3 par jour de méthane. L’innovation réside dans la deuxième étape qui va permettre la fabrication d’électricité à partir du méthane produit. C’est Aria Energie qui est en charge de la conception du matériel, destiné à transformer le méthane en électricité. Le lancement de ce projet pilote, prévu pour 2009, va s’accompagner de la mise en œuvre d’un programme de recherche européen sur la partie automatisation de la méthanisation.

Il apparaît très clairement que l’intérêt de cette nouvelle application va au-delà des frontières audoises et même françaises !

En ce qui concerne les résidus solides de la méthanisation, ils participeront à la fabrication de compost dans laquelle la distillerie s’est lancée depuis plusieurs années déjà. Les adhérents de la distillerie peuvent ainsi se procurer un amendement organique, garanti qualitativement et autorisé en culture bio, à un prix moyen départ distillerie de 40 € la tonne.

B.B.

* Vinasse : résidu liquide du vin obtenu après extraction de l’alcool et du sucre.

Article paru dans le Paysan du Midi, le 10 Octobre 2008