Distillerie Sud Languedoc

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Accueil Techniques Compost: le projet

Compost: le projet

Sommaire :

1. Génèse du produit

2. Présentation du projet

2.1 Caractérisation des intrants

2.2 Dimentionnement

2.3 Le compostage

2.4 La matière organique dans le sol - Notion d'humus

2.5 Descriptif du procédé

2.5.1 La fermentation

2.5.2 La maturation

2.6 Conduite du compostage

2.6.1 Conditions physiques

2.6.2 Détermination de la fin du compostage

2.6.3 Evolution de la température

2.6.4 Rapport C/N

2.6.5 Chromatographie circulaire sur papier

2.6.6 Germination de plantes test

2.6.7 Autres méthodes

3. Etude de marché

3.1 Efficacité agronomique du compost

3.2 Utilisations agricoles du compost

 

La matière organique est un élément clé de la gestion patrimoniale des sols. A l'heure où l'Union Européenne inscrit leur protection comme dossier prioritaire, une étude dirigée par l'INRA dresse un panorama alarmant sur la baisse des taux de matières organiques constatée sur le territoire national. Cette problématique positionne donc l'ensemble des gisements de matières organiques brutes comme une ressource rare et précieuse, base du développement durable des agro systèmes.

Dans un souci de gestion et de valorisation de ses déchets organiques, la distillerie forte d'un gisement potentiel de 20 000 tonnes, souhaite se doter d'un outil lui permettant de répondre à l'évolution structurelle du monde viticole. Ainsi, la création d'un véritable circuit fermé de la matière organique apporte une solution à la viticulture de qualité, telle qu'elle se développe aujourd'hui, tout en répondant aux attentes réglementaires environnementales ainsi qu'aux impératifs économiques que supporte notre filière.

1. Génèse du produit

L'évolution structurelle que connaissent les distilleries nous impose tout d'abord de renforcer une mission environnementale de plus en plus prépondérante dans le rôle qui leur est assigné. Avec une régulation cohérente des déchets solides (marcs) issus de la production vinicole, en améliorant de ce fait la gestion de ces marcs, qui permet in fine de répondre à l'évolution qualitative de notre viticulture, le compostage apporte alors une réponse concrète à cette problématique.
Ainsi l'offre d'un compost de qualité et conforme aux attentes des utilisateurs constitue un atout majeur pour ces viticulteurs, mais aussi pour des sociétés coopératives connaissant des difficultés économiques structurelles.
Le développement d'activités complémentaires telles que celle du compostage représente donc une perspective économique majeure nécessaire tant à notre pérennité fonctionnelle qu'à la sauvegarde et à la création d'emplois.
Enfin la reprise et le traitement des déchets verts communaux, nous inscrit pleinement dans le plan départemental de l'Aude pour la gestion et l'élimination des déchets, en apportant une nouvelle solution concrète.

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2. Présentation du projet

La distillerie d'Ornaisons en diversifiant la qualité des intrants a pour objectif la production d'une gamme de compost. Ces différents produits permettront de couvrir l'ensemble de la demande et ce pour différents types de marché ; agriculture, collectivité, entreprise, particulier.

2.1 Caractérisation des intrants

Les quantités annuelles traitées seront comme présentées dans le tableau ci-dessous.

Matériaux

Quantité (en tonne)

Marc désalcoolisé

7 000

Fumier

1 500

Déchet vert

2 000

Total

10 500

2.2 Dimentionnement

Après avoir étudié dans le détail, les différentes possibilités techniques, la distillerie d'Ornaisons a opté pour le matériel désigné ci-dessous.

- Le criblage

La maturation terminée, le criblage constitue l'étape ultime dans l'élaboration du compost. Afin d'obtenir une granulométrie qui réponde aux exigences des utilisateurs, un à deux criblages successifs peuvent être nécessaires.

Il a été choisi une station de criblage à étoiles rotatives sur berce poly benne.

Crible à étoile rotative

RMIS

Séparation

08 mm

Débits

60 m3/h

Largeur utile

1 000 mm

Longueur utile

4 500 mm

Etoiles caoutchouc

12 doigts

3 moto réducteurs

3 x 3 kW

Capot de protection

 

La composition du compost va varier en fonction de la maille de criblage utilisée. Ainsi, la teneur en matière organique diminue avec la granulométrie, et à l'inverse, la teneur en éléments fertilisants (N, P, K, Ca, Mg) augmente à mesure que la granulométrie diminue, mais aussi, le rapport C/N diminue avec la maille de criblage. Enfin, la composition du compost va aussi varier en fonction de sa durée de compostage, plus ce temps sera long, plus la dégradation de la matière organique sera importante. Tout au long du processus on assiste à une diminution de la masse du tas corrélative à une augmentation de la concentration en éléments fertilisants. Dans la pratique, ce paramètre sera à étudier avec précision car la durée du compostage va déterminer une quantité précise de compost à évacuer et une certaine qualité fertilisante de celui-ci.

- Le retourneur d'andain autonome

La présence d'oxygène est indispensable au bon déroulement du compostage. Il est consommé d'une part par les micro-organismes au cours de leur respiration et d'autre part, par les réactions d'oxydation consommatrices d'oxygène. La décomposition de la matière organique conduit ainsi à un dégagement de gaz carbonique dont l'augmentation est corrélée à une baisse du taux d'oxygène. Il est donc nécessaire d'apporter, dans la matière à composter, de l'oxygène par aération pour en maintenir un taux suffisant.
La fréquence et l'organisation de ces chantiers, ainsi que le dimensionnement des andains dépendent des équipements. Dans notre projet nous avons opté pour le matériel décrit ci-dessous.

Sideturn 2000

Hantsch

Rendement

1 000 à 1 500 m3/h

Moteur

Mercedes 220 cv

Consommation

20 à 35 l/h

Hauteur de travail

3 m

Largeur de travail

2 m

Type andain

Trapézoïdal ou tabulaire


- Le chargeur

L'ensemble des opérations de chargement des camions, d'alimentation du crible et toutes les opérations nécessitant l'emploi d'un chargeur sera assuré par l'engin décrit ci-dessous.

Chargeur

Caterpillar 928 G

Godet universel

2 m3

Pneu Michelin

20.5 x 25 XHA

Graissage centralisé

GROENEVELD

Système de pesée

ASCOREC MC 380


- L'épépineuse

Cet équipement ne constitue pas l'essentiel des équipements nécessaires et classiques au compostage. L'emploi d'une épépineuse permet d'atteindre deux objectifs distincts, l'un économique et l'autre qualitatif. Nous pourrons séparer une partie des pépins de raisin du marc intrant et en assurer leurs ventes pour les grandes huileries de Marseille. Et l'autre paramètre, l'amélioration visuelle de la qualité du compost.

Epépineuse type 1 100

SAMAT

Bâti support

Profilés métalliques

Tamis

Inox

2 cyclones

Ø 620 mm

Moteur

7,5 kW à 1 500 tr/mn

Rotor à broche motorisé

 

Capot de protection

 


- Le bassin de rétention

Les eaux de ruissellement seront recueillies dans un bassin étanche de 2 812 m3. La mise en place d'un géotextile 600 g certifié, d'un géogrille de drainage et d'un géotextile de renforcement et de maintient des talus, permettra d'assurer la collecte des eaux de ruissellement ainsi que l'étanchéité de ce bassin.

- Bâtiment

Réalisation d'un hangar de 200 m2 comprenant un local technique, la fourniture d'un groupe électrogène et un assainissement autonome par filtre à sable.

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2.3 Le compostage

Le compost est le produit fini obtenu lors du compostage de déchets organiques. Le compostage peut être défini comme un procédé biologique contrôlé de conversion et de valorisation des substrat organiques (sous produit de la biomasse, déchets organiques d'origine biologique) en un produit stabilisé, hygiénisé, semblable à un terreau et riche en composé humique.

En plus du rôle de réservoir d'éléments, les matières organiques sont un des agents majeurs de la fertilité physique des sols, de leur aération et de leur résistance à la dégradation et à l'érosion. Leur surfaces, réactives, chargées pour certains composés et développant un potentiel important de forces de Van der Waals, combinées à leur souplesse, confèrent au sol des propriétés de cohésion. De plus le caractère hydrophobe de certains composés ralentit la pénétration brutale de l'eau dans les agrégats et évite l'éclatement qui peut en résulter. Les matières organiques sont dans beaucoup de sols pauvres la principale composante du complexe absorbant, c'est à dire la source des charges retenant les cations. Les propriétés des matières organiques dépendent soit de leurs stocks (exemple la capacité d'échange cationique, CEC), soit de leurs flux (exemple, minéralisation du carbone et de l'azote). On peut attribuer trois rôles principaux aux matières organiques du sol, un rôle énergétique, un rôle physique et un rôle énergétique.

Ces trois rôles sont tenus par des matières organiques très différents les unes des autres, bien qu'une même matière organique puisse assurer ces trois rôles à la fois. Les composés humiques par exemple interviennent sur les trois rôles, mais en comparaison certaines matières organiques ont un rôle physique plus important à certaines périodes, par augmentation momentanée de la stabilité structurale ; de même certaines matières organiques fraîchement enfouies ont un rôle biologique primordial comme nourriture des animaux du sol ; enfin une matière organique très riche en azote a un rôle nutritionnel vis-à-vis des plantes, qui se rapproche de celui des engrais minéraux.

- Rôle énergétique : La richesse en carbone et hydrogène des substances organiques permet par voie oxydative, la libération de quantités considérables d'énergie dont bénéficient les microorganismes. Ce rôle de fourniture énergétique est primordial et est à distinguer du rôle strictement nutritionnel, ce dernier intéressant à la fois les microorganismes du sol et les végétaux.

- Rôle physique : le plus souvent les teneurs en eau à la capacité au champ et au point de flétrissement augmentent avec la teneur en matière organique.

- Stabilité structurale et autoprotection des M.O.

Le rôle essentiel des matières organiques dans l'édification de la structure du sol est connu depuis de nombreuses années : perméabilité, aération, teneur en eau, prospection par les racines. On définit la protection physique des matières organiques comme le ralentissement de leur minéralisation du aux constituants minéraux du sol.

L'apport de compost ne représente cependant pas seulement une restitution légitime à la terre de ce qui lui a été enlevé. Du point de vue agronomique l'apport de compost a un rôle important à tenir dans le maintien d'une bonne qualité du sol pour satisfaire pleinement aux exigences des plantations. Avant d'étudier l'intérêt de l'apport du compost dans un champ, il est nécessaire de revenir sur la notion de sol et sur celle de ses composants les plus importants pour la nutrition des végétaux et déjà mentionnés précédemment plusieurs fois : les humus

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2.4 La matière organique dans le sol - Notion d'humus

Dans le sol, de façon simplifiée, on distingue trois fractions : solide minérale et organique, liquide (la solution aqueuse du sol), gazeuse dans les lacunes. La première fraction, que nous allons étudier plus particulièrement (car c'est sur elle qu'agira l'apport de compost), comprend une fraction solide minérale (cailloux, argiles,...) et une fraction solide organique (la matière organique peut être définie comme une matière carbonée provenant d'êtres vivants végétaux et animaux; elle est composée d'éléments principaux (C,H,O,N) et d'éléments secondaires (S,P,K,Ca,Mg). Dans le sol, cette fraction organique se subdivise en quatre grands groupes :

- la matière organique vivante, végétale et animale, qui englobe la totalité de la biomasse en activité,

- les débris d'origine végétale (résidus végétaux, exsudats) et d'origine animale (déjections et cadavres) qui sont regroupés sous le terme de matière organique fraîche,

- des composés organiques intermédiaires, encore appelés produits transitoires ou matière organique transitoire qui sont les matières organiques en cours d'évolution entre la matière organique fraîche et les composés finaux : les matières humiques,

- les composés organiques stabilisés : les matières humiques ou les humus, avec une fraction extractible par les solvants (acides fulviques et acides humiques) et une fraction non extractible par ces solvants (l'humine).

La matière organique du sol est tout d'abord indispensable à la vie des micro-organismes et constitue, avec le complexe argilo-humique, une importante réserve en ions essentiels à l'alimentation des végétaux. Mais son rôle ne se limite cependant pas à cette seule fonction nutritive : elle est susceptible, de part sa constitution, d'améliorer les propriétés physiques des sols. Elle est un élément capital pour l'entretien des sols et le maintien de leur fertilité. Presque toujours associée à des matières minérales sous forme de complexes notamment avec les minéraux argileux, la matière organique constitue ainsi le complexe argilo-humique et c'est cette association qui va jouer un rôle essentiel sur la structure du sol, ses propriétés mécaniques, physiques, hydriques et chimiques. La matière organique évolue dans le sol. Elle subit un cycle de transformation qui correspond à un phénomène fondamental assurant un recyclage des éléments constitutifs de la matière vivante dans les sols. La dégradation de la MO, qui aboutit à la formation d'humus, se compose de deux phases :

- une phase de minéralisation : dégradation par les micro-organismes du sol en éléments minéraux simples, en solution ou fixés sur le complexe argilo-humique,

- une phase d'humification : réorganisation des éléments en composés humiques plus stables.

L'humus peut donc être défini comme étant un composé final de la dégradation de la matière organique : c'est un composé organique stable, à noyaux aromatiques, riche en radicaux libres, très important du point de vue agronomique car il possède de nombreuses actions sur les sols cultivés et également sur la physiologie des végétaux :

- réduction de la consommation d'eau par unité de matière sèche produit, par diminution de la transpiration,

- accélération des processus respiratoires et indirectement de la photosynthèse,

- influences favorables sur les métabolismes internes de l'azote, du phosphore et des glucides,

- actions stimulantes sur la formation et la croissance des racines et des tiges,

- augmentation globale de la santé des plantes par augmentation de leur résistance aux différentes agressions.

Or chaque année, le sol perd de l'humus à cause de la minéralisation : il va donc être nécessaire de compenser ce phénomène en apportant de la matière organique. Il faut noter que ces pertes sont fonction du type de sol (teneur en argile et calcaire notamment) et du climat (humide, sec ou froid). Les apports compensatoires de matière organique peuvent être de différentes natures : on peut utiliser des engrais ou des amendements organiques comme les résidus de récolte, l'enherbement temporaire, les feuilles et sarments d'arbres ou de vigne, les déjections animales, et le compost.

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2.5 Descriptif du procédé

Le compostage est une opération qui consiste à faire fermenter dans des conditions contrôlées, des déchets organiques en présence d'oxygène. Deux phénomènes se succèdent dans un processus de compostage. Le premier, amenant les résidus à l'état de compost frais, est une fermentation aérobie intense : il s'agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50-70°C) sous l'action de bactéries, le deuxième, par une fermentation moins soutenue, va transformer le compost frais en un compost mûr, riche en humus. Ce phénomène de maturation, qui se passe à température plus basse (35-45°C), conduit à la biosynthèse de composés humiques par des champignons.

2.5.1 La fermentation

L'évolution de la température durant le processus de fermentation s'effectue en trois phases: la température monte rapidement à 40-45°C suite à la respiration des micro-organismes mésophiles aérobies. Les composés les plus fermentescibles tels les sucres et l'amidon sont d'abord consommés. Une phase préliminaire à cette première phase est parfois décrite. Par leur respiration, les micro-organismes vont épuiser l'oxygène de la masse en compostage et rendre le milieu anaérobie. Des germes anaérobies se développent alors, conduisant à un abaissement de la température car leur métabolisme est moins thermogène. Ils sont de plus responsables de la libération de composés volatils nauséabonds (méthane, ammoniac, hydrogène sulfuré...).

Pour éviter la putréfaction, il est nécessaire de restaurer les conditions aérobies du milieu. Ainsi il sera possible de prolonger la fermentation à haute température. Les pathogènes, parasites et semences de mauvaises herbes seront détruits par la température élevée, les mauvaises odeurs seront évitées, la décomposition sera plus rapide. Dès que la température n'augmente plus après aération, on peut considérer que la fermentation est terminée.

2.5.2 La maturation

A ce moment, la quantité de matière facilement utilisable par la microflore se raréfie et la biosynthèse de composés humiques devient prédominante. On assiste à la disparition des micro-organismes thermophiles au profit d'espèces plus communes et de nouvelles espèces mésophiles au fur et à mesure que la température décroît au cours d'une longue période de mûrissement pour se stabiliser au niveau de la température ambiante. La transition entre chacune des phases citées précédemment résulte d'une évolution continue.

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2.6 Conduite du compostage

La progression du matériel de départ vers le stade final, l'humus, dépend d'un grand nombre de facteurs externes comme la dimension des particules, la nature des nutriments, leur structure, le taux d'humidité, l'aération, le pH. D'autre part, en se multipliant, les micro-organismes changent constamment leur environnement et le rendent souvent impropre à leur développement.

2.6.1 Conditions physiques

- La présence d'oxygène est indispensable au bon déroulement du compostage. Il est consommé d'une part par les micro-organismes au cours de leur respiration et d'autre part, par les réactions d'oxydation consommatrices d'oxygène. La décomposition de la matière organique conduit ainsi à un dégagement de gaz carbonique dont l'augmentation est corrélée à une baisse du taux d'oxygène. Il est donc nécessaire d'apporter, dans la matière à composter, de l'oxygène par aération pour en maintenir un taux suffisant. On estime que l'air devrait occuper au moins 50% du volume du tas. L'anaérobiose commence lorsque le taux d'oxygène du tas est inférieur à 10%; elle prédomine au dessous de 5% d'O2 (air = 21% O2).

- L'humidité L'eau contenue dans la matière organique mise en compostage est nécessaire à la vie des micro-organismes. Elle joue également un rôle prépondérant dans le transport des particules, assurant ainsi un meilleur contact entre les fractions organiques et la flore microbienne. Pendant le compostage, la teneur en eau varie. Elle augmente à cause des réactions chimiques d'oxydation de la matière organique. Globalement on peut écrire :

Ca Hb Oc Nd + O2 ---> CO2 + H2O
Matière organique + oxygène ---> gaz carbonique + eau

L'humidité diminue à cause simultanément de l'élévation de température (évaporation) et de l'aération (perte de vapeur d'eau par aération forcée ou par retournement).
Donc plus l'aération sera forte, la température élevée et le matériau divisé, plus la masse en compostage s'asséchera. Comme il existe une valeur limite inférieure (l'asphyxie) et supérieure (le dessèchement) pour l'oxygène, l'humidité ne doit ni être un facteur limitant (elle est indispensable aux micro-organismes), ni être trop importante car l'eau saturerait progressivement, dans ce cas, les espaces lacunaires et pourrait étouffer le tas, en empêchant la diffusion de l'oxygène vers les micro-organismes, qui s'asphyxieraient progressivement. Pour assurer un bon déroulement du compostage, il va donc être nécessaire d'assurer un taux optimal d'humidité, qui va être défini, pour un substrat donné, par le taux maximal d'espaces lacunaires qui n'entraîne pas d'inhibition de l'activité des micro-organismes. On considère en général que le compostage optimal dans les premières phases est obtenu pour des valeurs de 30 à 36 % d'espaces lacunaires dans la masse.

La température. L'augmentation de température de la masse en compostage constitue le paramètre le plus facilement mesurable car ce phénomène est sensible à main nue, il suffit pour cela d'approcher sa paume de la surface du tas en évolution. Cette élévation de température est due, elle aussi, à l'action des micro-organismes qui en oxydant la matière organique des substrats libèrent ainsi l'énergie contenue dans les liaisons chimiques des molécules constitutives : une partie de cette énergie est récupérée par l'organisme mais une grande part est perdue et dissipée dans l'atmosphère. Le suivi de la température permet donc une mesure indirecte de l'intensité des dégradations aérobies, même s'il ne reflète pas la qualité de ces dégradations, le bon suivi de la fermentation aérobie, comme le dosage de la consommation d'oxygène ou la mesure du flux de chaleur.

L'évolution de la température au cours du compostage va dépendre de la composition des substrats mis à fermenter, et de leur pouvoir calorifique : des déchets riches en composés fermentescibles (animaux et végétaux riches en sucre) atteindront rapidement des températures élevées contrairement aux autres déchets peu fermentescibles (végétaux lignocellulosiques, etc.). De même des déchets riches en graisses et huiles (lipides) dégageront davantage de chaleur par unité de masse que d'autres composés organiques. De  même, que cette évolution va dépendre du régime des échanges thermiques dans la masse en fermentation. En fonction de la masse, de la forme du tas (rapport volume du tas/surface extérieure du tas), du climat, de la présence de couches externes isolantes... des niveaux très différents de température seront atteints pour un même substrat.
La température est un témoin de l'activité biologique. Mais les micro-organismes ne sont pas seuls responsables de ce phénomène car il existe une certaine inertie thermique de la masse de compost qui lui confère une capacité auto isolante et qui maintient une température élevée à l'intérieur du tas alors que la fermentation a diminué. La température des tas est auto régulée :
En début de compostage, l'activité biologique s'installe et fait monter la température dans le tas jusqu'à 60 à 70°C. Mais, au-delà de 60 à 65°C, cette température devient limitante pour l'activité biologique (inactivation des enzymes), ce qui réduit la quantité de chaleur produite et la température se stabilise jusqu'à ce que certaines conditions deviennent limitantes, notamment la dégradabilité du substrat, ce qui conduit à une baisse progressive de la température. On remarquera que le système se stabilise ainsi à un stade qui ne correspond pas à l'optimum de l'activité biologique mais à un niveau inférieur. En fait dans la pratique la température n'est pas homogène dans un tas et à un moment donné, une partie seulement du substrat est en phase mésophile. En outre, si le tas est trop petit, il ne présente pas une inertie thermique suffisante pour assurer la montée en température.
L'élévation de température est très importante pour la destruction des germes pathogènes, des graines adventices que peuvent contenir les végétaux mis à composter. La qualité de cette « hygiénisation » du compost est vitale pour éviter un transfert de pollution lors de son utilisation future, surtout en agriculture.

2.6.2 Détermination de la fin du compostage

Un bon compost est un produit dont les constituants organiques ont subi une conversion biologique en des substances moins agressives et plus stables. Les processus de dégradation persistent cependant à un taux plus réduit au delà même de la phase de fermentation. Il faut donc savoir quand et pour quel usage on pourra utiliser un compost sans risque de phytotoxicité.
Un compost frais, c'est-à-dire ayant subi un début de fermentation (de l'ordre de 2 semaines), pourra être utilisé en paillage (mulching) ou en champignonière. En fin de fermentation, le compost est stabilisé et pourra servir comme engrais /amendement organique. Une utilisation comme substrat de culture requiert quant à elle un compost ayant subi une longue période de maturation (d'autant plus longue que les plantes sont sensibles : jeunes semis, laitue, ...).

2.6.3 Evolution de la température

Un moyen simple de suivre le déroulement du processus de compostage consiste, comme mentionné précédemment, à utiliser des sondes thermométriques plongeant dans la masse en fermentation. Cette méthode donne des informations sur le stade de fermentation mais peu sur le niveau de maturité du compost. Elle devra donc être complétée par une ou plusieurs autres méthodes.

2.6.4 Rapport C/N

La consommation du carbone organique par la microflore libère une grande quantité de CO2. La diminution progressive de la teneur en carbone du milieu a pour conséquence une diminution sensible de la valeur du rapport C/N. En effet l'azote', fixé dans les protéines microbiennes, reste dans la masse du compost (sauf pertes éventuelles par dégagement d'ammoniac). Selon le degré de fermentescibilité du carbone composant les résidus, on considèrera comme favorable un rapport C/N de 12 à 20 en fin de maturation.
De nombreux auteurs citent un rapport C/N de 15 à 30 comme idéal. L'expérience pratique montre que, pour des substrats riches en lignines ou autres formes de carbone peu fermentescibles, un rapport de 40 voire même de 50 ne provoque pas de carence par immobilisation de l'azote. La dégradation de ces composés carbonés par les micro-organismes est en effet tellement lente que la faible consommation d'azote qui en résulte ne concurrence pas la culture.

2.6.5 Chromatographie circulaire sur papier

Elle fut mise au point par PFEIFER (Biochemical Research Laboratory, Spring Valley - USA) et testée par HERTELENDY. Son principe est basé sur le fait que des substances différentes, dissoutes dans un même solvant (solution de NaOH à 5%), présentent des affinités variables de migration capillaire sur une surface absorbante (feuille ronde de papier filtre). Cette surface absorbante est prétraitée au nitrate d'argent, qui sert de révélateur. La solution alcaline de compost, est apportée goutte à goutte au centre du papier filtre. Après migration de la solution, on laisse le chromatogramme se développer en lumière atténuée. Un compost peu évolué est caractérisé par une image sombre à la périphérie et une tache centrale claire; un compost mûr montre au contraire une tache centrale sombre avec des traînées claires vers la périphérie.

2.6.6 Germination de plantes test

En général, on utilise certains tests de maturité. Le test global de phyto-toxicité de JUSTE et al., 1980, le test rapide de NICOLARDOT et al., 1980 (basé sur la consommation d'oxygène),le test de colorimétrie de MOREL et al., 1979 etc.
Le personnel procède par exemple à des analyses de phyto-toxicité en utilisant le cresson (Lepidium sativum). Le test consiste à faire germer dans des boites de Pétri des graines de cresson en contact avec des extraits hydrosolubles des différents substrats à étudier. Après 48 heures d'incubation à 28° C, le taux de germination est mesuré, ainsi que le taux d'élongation racinaire, par rapport à un témoin à l'eau distillée. Ensuite est calculé l'indice de germination, produit des 2 taux, qui reflète la maturité du compost.

2.6.7 Autres méthodes

De nombreuses autres méthodes existent, plus ou moins rapides, plus ou moins fiables, nécessitant un appareillage plus ou moins coûteux et un personnel plus ou moins qualifié. Parmi celles-ci, citons :

- couleur plus ou moins sombre, aspect du compost au toucher, à l'odeur, ...

- des méthodes respirométriques : O2 consommé, CO2 émis, ...

- des méthodes physico-chimiques : dosage de la Demande Chimique en Oxygène, dosage des formes de l'azote minéral (NH4+ et NO3-), dosage de la S.O.D et de la S.O.R. (Substance Organique Décomposable et Substance Organique Résistante), mesure du pH, ...

- des méthodes biologiques : dosage de l'ATP, croissance de plantes ou de micro-organismes tests, ...

Le compostage correspond donc à la mise en oeuvre d'une technologie très pointue. Si à la base, le phénomène est simple (action de micro-organismes de façon spontanée sur la matière organique), il nécessite en fait un grand savoir-faire puisque cette réaction de base va être orientée par le contrôle de certains paramètres (température, oxygène, humidité). Il ne s'agit pas seulement de faire dégrader la matière organique (MO) à disposition par des micro-organismes mais de la dégrader « efficacement » de façon à pouvoir obtenir un produit -le compost- possédant certaines qualités internes qui vont permettent de le valoriser.

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3. Etude de marché

Dans un premier temps il conviendra de déterminer les cibles qui constituent les clients potentiels. L'objectif de vente est d'apporter aux utilisateurs le produit répondant à leur niveau d'exigence.

3.1 Efficacité agronomique du compost

Les amendements ont pour but d'équilibrer le bilan humique des pertes et apports en humus si le taux de MO du sol est jugé insatisfaisant, ou de le rendre excédentaire s'il est jugé appauvri et que l'agriculteur souhaite procéder à un redressement. Les amendements organiques possèdent par définition moins de 3 % d'azote : ils participent à l'entretien ou à l'amélioration des propriétés physico-chimiques et biologiques des sols. Ils ne participent pas directement à la nutrition des plantes. Ce sont :

- réduction de la consommation d'eau par unité de matière sèche produit, par diminution de la transpiration,

- accélération des processus respiratoires et indirectement de la photosynthèse,

- influences favorables sur les métabolismes internes de l'azote, du phosphore et des glucides,

- actions stimulantes sur la formation et la croissance des racines et des tiges,

- augmentation globale de la santé des plantes par augmentation de leur résistance aux différentes agressions.

Les amendements appartiennent aussi à la famille des fertilisants qui comprend aussi les engrais. A l'opposé des amendements organiques, les engrais participent seulement à la nutrition de la plante soit directement (engrais passant dans la solution du sol immédiatement ou au cours de l'année d'apport) soit indirectement en corrigeant les réserves jugées insuffisantes du sol en un ou plusieurs éléments (fertilisation de redressement), mais en aucun cas ils n'agissent sur la structure du sol.
Un apport de compost a donc pour but de maintenir la structure du sol dans un état satisfaisant. Ce n'est pas un fertilisant au sens habituel du terme : les substances nutritives qu'il peut contenir (azote, phosphore) sont en quantité trop faible pour justifier le transport et les frais d'épandage. Mais il est indispensable dès que les conditions agricoles conduisent à une « consommation » élevée en MO : par exemple en cas d'humidité insuffisante et de température élevée, ce qui est le cas des terres de maraîchage intensif du Sud de l'Europe. Il s'agit de toute manière d'un traitement des terres à long terme, d'un entretien et non pas d'un investissement à rendement immédiat, comme le sont les engrais.

3.2 Utilisations agricoles du compost

En cultures de plein champ : Le compost s'utilise comme un fumier, cependant il doit être suffisamment élaboré pour ne pas entraîner de risque de blocage de l'azote du sol ou des engrais (« faim d'azote »). L'emploi du compost reste actuellement marginal en pourcentage des surfaces cultivées.

En cultures spéciales :

- Maraîchage, horticulture d'ornement : C'est dans ce domaine qu'un compost de bonne maturité pourra avoir les meilleurs débouchés, car il n'y a pas de contraintes de productivité ou de norme alimentaire des productions. Son utilisation sera particulièrement intéressante comme amendement organique de fond pour les plantations d'arbres et l'installation de nouveaux gazons. Des essais sont en cours comme fertilisant d'entretien en association avec des activateurs biologiques.

- Culture de champignons : Ces derniers, décomposeurs primaires de la matière organique fraîche, se satisfont de composts grossiers, faiblement maturés. Le processus de production et de récolte peut s'accommoder de produits visuellement sales. Mais la forte capacité des champignons à accumuler les métaux lourds est devenu un frein très sérieux à l'usage des composts, notamment en raison de la pression écologique des consommateurs, et de la concurrence des producteurs d'Europe du Nord (Hollande).

- Viticulture, arboriculture : Les composts y sont principalement employés comme mulch pour la protection des sols -souvent dénudés et en pente- contre l'érosion, et comme apports de masse à la plantation. Ici aussi, des produits grossiers- en qualité comme en granulométrie- pouvaient trouver leur usage et l'ont trouvé pendant fort longtemps dans des zones géographiques limitées, telle que le vignoble champenois.

- Agriculture biologique : Les produits agricoles bénéficiant du label « biologique » doivent respecter un cahier des charges de production. Cette agriculture exclut l'utilisation de produits chimiques de synthèse et le sol doit être fertilisé avec des engrais naturels. Le compost peut y trouver un bon débouché auprès des agriculteurs « biologiques ». Le marché concerné représente cependant des quantités limitées.

 

Dans le jardin : Au jardin potager et au verger, la faible superficie concernée, la relative intensification des productions, la succession des cultures sur la même planche sans période de jachère, rendent obligatoires le maintien d'une bonne structure et d'une activité biologique soutenue du sol. L'utilisation du compost au jardin est donc, de ce fait une nécessité, et peut absorber ainsi les déchets des jardins voire les déchets ménagers. On parle alors de compostage individuel.

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La première phase de ce projet a été la réalisation d'une étude de faisabilité par le cabinet en environnement Envisage.

Nous remercions l'ensemble des intervenants de ce projet

Conseil Régional du Languedoc Roussillon
Conseil Générale de l'Aude
DDA de l'Aude
ADEME
Agence de l'eau Rhône Méditerranée, délégation de Montpellier
CCI Narbonne               
DRIR

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